georgesandmonamour

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Paf

J'ai retrouvé ce texte dans mes archives, je l'avais écrit après l'entretien avec mon avocat et la réception du courrier du Procureur de la République informant du classement sans suite. Toutes les autres plaintes ont pris le même chemin. 

 

Paf a fait le dossier en se fermant, « classé ». J'ai sursauté, l'avocat me regarde. Elle est où la mouche ? C’est moi, le dossier, Lili ? Non, non, surtout non. Mais paf, voilà on ne peut rien faire. Ou on continue, ou on classe, mais entre deux rien, on ne peut pas savoir, ce qu’il est advenu des gamins, ont-ils pleuré, ont-ils ri, y ont-ils pensé ? Dorment-ils bien ? Et leurs parents ? Est-ce juste un épisode de plus ? Voilà la limite de la justice, la procédure n’est pas adaptée aux envies des victimes. Savoir si cette histoire a bouleversé la vie des agresseurs, remis en question leur éducation, je ne saurais pas. On a accès aux procès-verbaux, aux adresses des responsables, des interrogés. Ils ont dit qu’ils n’y étaient pour rien et pourtant paf quelqu’un a bien frappé.

Il faut qu’il y ait à nouveau confrontation pour savoir, pousser les gamins dans leur retranchement. Pourtant celle qui a donné les noms, c’est la surveillante. Pourquoi ne pas organiser une confrontation entre elle et les gamins ? Elle les a reconnus, elle a dit que c’était eux, pourquoi interroger encore Lili. Elle n’a fait "que" subir les coups, les pieds, les mains, les sacs, elle s’est protégée, entourée de dix gamins, une dizaine. Imaginez dix autour de vous, deux qui frappent, les autres qui protègent du regard, qui rient. Comment se souvenir de leur visage alors que sur le vôtre il y a encore le souvenir de leurs mains, il n’y a que le souvenir de leurs mains. Pourquoi mettre en doute la surveillante ?

Je souhaiterais savoir quelles ont été les décisions prises à l’encontre des gamins, ne pas rester dans le flou, juste être informée, savoir que l’on me prend pour un adulte responsable qui ne va pas pousser des cris d’orfraie si je pense la décision peu suffisante. Je dois arrêter de me rappeler de l’adresse du coupable et en revanche regarder en boucle "Death Sentence"* qui me conforte dans l’idée qu’il ne faut pas faire justice seule. Seule, voilà je suis entre ma fille qui veut aller de l’avant et ne plus penser à ce qui s’est passé et mon envie de savoir. Seule.

Classé sans suite, je ne connais pas de pires mots. Je ne peux rien, il avait raison le policier, les mômes savent qu'il n'y aura pas de suite, que l'affaire sera classée. Oh ils seront interrogés, leurs parents dans le meilleur des cas crieront un peu, mais ils pourront recommencer, pas de souci. Et c'est là que le bât blesse. Les "sans suite" sont trop nombreux.

La décision est prise : je retire Lili du Collège. Mon combat ne vaut rien au regard des risques pour mon enfant. 

 

A 6 h 26 sur le site de la déscolarisation, un samedi, quatre invités étaient mentionnés et consultaient le site. Est-ce rassurant de savoir que quatre personnes dont moi sont là un samedi matin, à 6 h 26, à chercher des infos ?

 

http://www.dailymotion.com/video/x3y86n_death-sentence-bande-annonce-vf_shortfilms



22/07/2014
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