georgesandmonamour

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La rencontre avec Madame le Proviseur

Madame Lablonde : c'est ainsi que beaucoup de parents l'appelaient en début d'année, car elle était repérable à sa couleur de cheveux. Désolée pour les blondes.

 

Lili retournera à l'école le vendredi, deux jours après la première agression. Personne de sa classe n'a appelé pour transmettre les devoirs. 

J'ai mon propre rendez-vous avec Madame le Proviseur. Elle m'explique que les enfants agresseurs et les parents ont été convoqués mais quand je lui demande quelle sera la sanction, j'ai droit à un "Vous n'avez pas à le savoir". La CPE est présente : pourquoi personne ne m'a appelé le matin suite aux coups, pourquoi le surveillant n'a pas emmené Lili à l'infirmerie, pourquoi c'est moi qui ai informé Madame Lablonde, elle ne sait me dire, elle fera son enquête. Je n'en aurai jamais les conclusions malgré mes demandes réitérées, auprès de la CPE, auprès de la Proviseure, auprès du Rectorat. Je suis devenue harceleuse de l'administration. Le regard entre les deux femmes a été éloquent pourtant, il y a des choses à ne pas dévoiler. Inaptitude, manque de personnel, menfoutisme, ce seront mes propres conclusions. 

Madame Lablonde me demande ce que je veux puisque j'ai décidé de ne pas porter plainte. Je lui demande d'informer la classe de ce qui s'est passé, je lui demande de faire appel à des intervenants extérieurs pour parler de la violence au collège. Des enfants ont dû assister à la scène et ne sont pas intervenus, même pour avertir le surveillant. Il faut qu'ils se sentent concernés. Elle dira qu'elle fera le tour des classes, me le promet, pour les intervenants extérieurs elle verra. Bon finalement, elle peut être sympa Madame Lablonde. Ce sentiment fut de courte durée.

La fin de l'entretien fut étonnant. Madame Lablonde me dit que de toutes façons elle voulait me voir, car au conseil de classe de novembre, certains problèmes avaient été révélés au sujet de Lili, elle ne s'intégrait pas au collège et était isolée. Ah ! Voilà la parade. Je l'arrêtais de suite. C'est MON rendez-vous suite aux coups. Si elle veut me voir pour me parler de Lili la solitaire, elle m'appelle. Depuis novembre, elle avait eu maintes fois l'occasion de le faire, notamment lorsque j'ai appelé à cette période pour demander un rendez-vous, personne n'en a profité pour évoquer le problème qu'elle devait "affronter". 

"Appelez-moi" lui dis-je avant de partir. En sortant, j'avais l'impression d'avoir participé à une partie de bras de fer, où finalement j'avais perdu. Je me sentais coupable, et peu écoutée. Et j'avais le sentiment de laisser Lili dans la fosse aux cons.



29/06/2014
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