georgesandmonamour

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Deuxième agression, première plainte

La suite, ça ne leur fait pas peur, voilà où le bât blesse.

Un policier.

 

La première plainte, je l'ai déposée après la deuxième agression. Lili avait été emmenée dans un coin par dix garçons à son arrivée dans la cour du Collège et les coups avaient plu sur les jambes, la tête. La surveillante était intervenue, avait reconnu deux enfants. Madame Lablonde m'avait appelée. Voilà, il y a un "mieux", la direction est avertie avant moi.

J'ai emmené donc Lili chez le médecin pour le certificat médical de preuve, qui stipule deux jours d'ITT et nous voilà en route pour le commissariat. C'est un vendredi. Fin de journée. Ne jamais aller au commissariat un vendredi soir ou un samedi matin, les cas de non-présentation d'enfant défilent. Trois heures d'attente parmi la désolation, les mômes fatigués, affamés, les énervés, les calmes. Le distributeur automatique fonctionne très bien. 

A nous. J'expose le cas au policier en tenue.

- Il faudrait mieux faire une main courante. 

J'avais prévu le coup, c'est instructif de travailler pour des avocats. 

- Non, dépôt de plainte.

- Vous savez, c'est long, c'est cher, êtes-vous préparé à affronter un Tribunal ? Et votre fille ?

Drôle de question, non. Qui est préparé ? Il est où le cours "affronter un Tribunal" dans le cursus parent d'enfant scolarisé ? De plus, pourquoi affronter ? La loi est avec moi. Enfin, je crois.

- Dépôt de plainte, Monsieur, je sais tout cela. J'ai vu mon avocat (en fait non). Cela vaut mieux. La première fois, je ne l'ai pas fait. Mais là, il faut que quelque chose se fasse et bla bla bla.

Je parle seule. Après le mot "avocat", le policier avait pris la souris et ouvert le fichier adéquat. J'appellerai "mon avocat" demain. Au moins qu'il soit au courant.

L'entretien se déroule entre le policier et ma fille, qui répond courtoisement, blanche comme un linge, comme prise en faute, qui demande à ce qu'on repose la question quand elle ne comprend pas. Le policier regarde l'avis médical, demande les noms des protagonistes. Lili ne sait pas. Il interrogera Madame Lablonde. Et puis, il recommence les questions, les mêmes à mon avis, posées différemment. Période de vérification. J'ai envie d'intervenir, de dire "elle a déjà répondu à cela" mais je reste stoïque. Plus vite les questions seront posées, plus vite nous rentrerons. Pas la peine de polémiquer, ça ne ferait que ralentir notre sortie. Il est déjà 21 heures. Je comprends ce rôle de la vérification mais n'empêche, c'est désagréable.

Le policier nous rappelle la procédure, nous rappelle que ce sera long, il faudra enquêter, puis le dossier sera transmis au Procureur de la République qui nous informera de la suite. Il nous avertit, ce sera certainement un classement sans suite. "La suite, ça ne leur fait pas peur, voilà où le bât blesse, parce que c'est toujours un classement sans suite".

 



21/07/2014
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